D’une trace de charrette à Yixing à un plateau à thé
À la fin de l’automne, Michael Zhan a fait un détour depuis son circuit habituel d’approvisionnement Fujian–Yunnan pour explorer les ruelles argileuses de Dingshu, une banlieue de Yixing où les ateliers de zhuni cuisent encore dans des fours de cour. Au bout d’une ruelle étroite bordée de piles de cazettes brun‑pourpre, il a trouvé un modeste atelier tenu par un spécialiste du zhuni de troisième génération. L’artisan travaille uniquement avec du zhuni vieilli, une argile rare de Yixing prisée pour sa texture onctueuse et sa structure particulaire dense, qui donne une surface presque vitrifiée après une seule cuisson à haute température. Le cochon a été tiré d’un seul morceau d’argile, tourné sur une roue à main et façonné sans joints — une technique qui exige des décennies de pratique et élimine tout point faible où du thé réchauffé pourrait provoquer des fissures. Michael a choisi cette pièce particulière pour son corps impeccable et sans couture ainsi que pour son expression à la fois joueuse et digne. L’artisan a souri en notant que les cháchǒng en forme de cochon sont appréciés toute l’année, pas seulement pendant l’Année du Cochon, car leur ventre rond symbolise la prospérité et le contentement du foyer. Après une cuisson au bois de 14 heures à 1,180°C, l’argile a pris une teinte terre cuite douce qui absorbera lentement les huiles de thé, s’assombrissant pour devenir un ambre brillant au fil des mois d’utilisation. Michael a inspecté chaque pièce à la recherche de microfissures et a testé la stabilité de chacune sur un plateau à thé humide avant de sélectionner un petit lot de vingt pièces — toutes estampillées du cachet de l’atelier sur la base. Ce cochon est le plus attachant du lot.